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MFT non conforme : la cinétique bactérienne au secours de l’investigation

mft_non_conforme_vignette Lorsqu’un problème de contamination apparaît, comme dans le cas inopportun d’un MFT non conforme, il est précieux faire parler l’agent microbien qui en est à l’origine.

 Celui-ci est effectivement capable de nous révéler le moment où il est apparu dans le système et ce, grâce aux règles de cinétique bactérienne. Cette information permettra ensuite de déterminer, voire de confirmer l’évènement qui a permis son introduction dans le système. L’exemple qui suit en est une illustration réaliste.

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Description résumée du protocole de MFT : Mise en œuvre d’une cuve de stockage contenant 25 l de bouillon trypcase soja, équipée d’un système de recirculation (le produit simulé est une suspension) et d’une remplisseuse en ligne (volume réparti : 1 ml par unité). Répartition sur 3 jours de la totalité du milieu de culture avec respect des phases d’arrêt. Regroupement des unités réparties pendant la même séquence de remplissage. Incubation en conservant le mode de regroupement.
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Exposé du problème : Après incubation, un nombre important d’unités contaminées est noté (voir tableau ci-après) :

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Analyse des données sans l’aide de la cinétique microbienne

A ce stade de l’investigation, l’hypothèse développée est un épisode contaminant ayant intervenu au niveau de la cuve de stockage et antérieurement à la reprise des opérations de répartition de J2.
Le dispositif de recirculation du produit dans la cuve de stockage pourrait être une des pistes potentielles car une fuite a été relevée. Le germe retrouvé à l’intérieur de ce dispositif est identique au germe présent dans les unités remplies.

Analyse des données avec l’aide de la cinétique microbienne :
Grâce à la traçabilité de la répartition telle que prévue dans le protocole de MFT, il nous a été possible de revoir les données de J2 sur un plan cinétique. Le mode d’apparition et de propagation de la contamination sont alors analysés.

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Ces valeurs permettent de tracer la courbe ci-après et de calculer le temps de génération du germe à l’origine du problème (environ 90 min).

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En tout début de J2, seules 4 unités sont contaminées sur environ 1200 ml de milieu réparti ; La contamination du vrac non encore réparti au même moment est par conséquent estimée à 50 UFC.

Enfin, la phase d'arrêt entre fin J1 et début J2 est de 16 heures. Aucune opération n'est effectuée pendant cette phase (le système de recirculation est arrêté). La première opération à la reprise de J2 est la mise en route de la pompe de recirculation. Ces 3 données (durée de la phase d'arrêt, vitesse de croissance du contaminant, nombre de contaminants présents dans la cuve) confirment l'hypothèse d'une contamination « massive » de la cuve au moment de la remise en marche du système de recirculation ; L'investigation doit donc se concentrer sur cet équipement.

L'analyse du mode de fonctionnement du système de recirculation permet maintenant de découper l'épisode contaminant en plusieurs phases :

- 1ère phase (J1) : cuve de stockage en surpression permettant le passage d'un très faible volume de milieu de culture vers l'intérieur du dispositif de recirculation ; mise en contact du milieu avec les spores présentes à l'intérieur du dispositif.

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- 2ème phase (entre J1 et J2, durée : 16h) : arrêt de la répartition et du système de recirculation avec maintien de la surpression au niveau de la cuve ; début de la germination et de la prolifération des spores dans le milieu de culture se trouvant à l'intérieur du système de recirculation

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-3ème phase (début de J2) : Redémarrage de l’équipement entraine un dépression, générant une « inoculation » du contenu de la cuve par retour du milieu de culture entraînant environ 50 UFC ; dispersion des germes assurée par le dispositif de recirculation.

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-4ème phase (tout au long de J2) : prolifération microbienne dans la cuve et obtention d’un nombre d’unité contaminées proportionnel à la vitesse de multiplication du contaminant.

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-5ème phase (arrêt entre J2 et J3) : poursuite de la contamination dans la cuve

-6ème phase (J3) : la contamination du milieu contenu dans la cuve est telle que toutes les unités réparties seront contaminées
Ce cas d’étude montre qu’il y a tout intérêt à prévoir lors des MFT une traçabilité précise des unités réparties en fonction du temps.

En cas de résultat non conforme, le groupe d’investigation aura alors la possibilité d’utiliser des éléments de cinétique bactérienne. 

L’équipe aura donc tout intérêt à inclure un microbiologiste qui se verra confier le décryptage de telles données. Ce surcroît documentaire, lors de la réalisation des MFT, permettra en contrepartie d’apporter des données quantitatives qui consolideront l’hypothèse développée pendant l’investigation. Dans certains cas, ces données permettront d’exclure sans ambiguïté un problème « process » (exemple : cas d’un milieu de culture non conforme car présentant un défaut de stérilisation).

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Christian Mroz

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