Sciences de la vie: le secteur progresse, mais peine à se financer
| Les entreprises françaises des sciences de la vie constituent "un secteur en forte progression", mais elles ont "de la peine à se financer", a souligné mardi André Choulika, président de l'association France Biotech. Le secteur, composé essentiellement de petites entreprises, connaît "une maturation du modèle économique", a expliqué M. Choulika, en présentant à la presse la 10ème édition du Panorama des sciences de la vie de France Biotech, réalisé avec le cabinet Ernst and Young auprès de 200 entreprises. Les entreprises biotech ont connu une "très forte progression" du chiffre d'affaires en 2011 liée à des alliances et un élargissement de la palette de leurs clients. Elles comptent 320 produits en développement et 62% d'entre elles ont plus de 12 ans. Mais M. Choulika observe "plus de difficultés depuis la crise, à partir de 2008, dans la création d'entreprises, et aussi une plus forte mortalité". Les créations ont chuté de moitié entre 2010 et 2011 (de 46 à 24). L'effectif moyen atteint 22 personnes, contre une douzaine un an auparavant, mais une seule (Transgene) dépasse les 250 salariés, seuil des entreprises de taille intermédiaire (ETI). France Biotech indique que l'OCDE classe la France au 2ème rang mondial en nombre d'entreprise des sciences de la vie. La France "a développé en dix ans une industrie des sciences de la vie très forte" mais c'est "une industrie qui a de la peine à se financer et à atteindre le stade de l'ETI", a observé M. Choulika, également directeur général de Cellectis. France Biotech relève une "forte volatilité des investissements, concentrés essentiellement sur quelques acteurs clés". "De plus en plus d'investisseurs institutionnels s'intéressent au secteur", mais il y a une "raréfaction des capitaux privés", a noté M. Choulika. Le financement des entreprises du secteur (par du capital risque, l'appel aux marchés financiers ou l'introduction en Bourse) a chuté de 40% entre 2010 et 2011, passant de 460 millions d'euros à 277 millions d'euros. "Le financement est sous tension, l'argent se raréfie", a confirmé Franck Sebag, associé chez Ernst and Young. "Il va falloir changer les modèles économiques", a-t-il ajouté, jugeant que le "marché des introductions en Bourse reste un relais potentiel". Les entreprises françaises du secteur atteignent plus de 2,5 milliards d'euros de capitalisation, selon France Biotech. M. Choulika table également sur un relais de financement des investisseurs de l'industrie (corporate venture) et venant des fonds Tepa. Il a ainsi salué le "bon usage de l'ISF avec la loi Tepa" dans le financement des PME innovantes, mais France Biotech met en garde le gouvernement contre une modification de ce dispositif qui pourrait entraîner "un étranglement" des sociétés du secteur. |
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