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Les biotechs du diagnostic veulent percer grâce aux tests innovants


Les petites entreprises françaises du diagnostic médical misent sur le développement d'innovations, pour accompagner le glissement de la médecine vers des traitements toujours plus personnalisés, pour se faire une place aux côtés des géants du secteur.

Le diagnostic a "un potentiel de croissance très important" et constitue un marché "excessivement dynamique", assure Loïc Maurel, président de la commission Diagnostic de France Biotech, association qui réunit des PME françaises des sciences de la vie.

La pharmacie est portée par une tendance de fond vers une médecine personnalisée, plus ciblée et qui améliore l'efficacité des traitements grâce à l'apport de tests spécifiques, explique à l'AFP M. Maurel, par ailleurs président du directoire de la société biotech Exonhit, qui développe des tests pour la maladie d'Alzheimer et pour l'oncologie.

"Il commence à y avoir une dichotomie très importante entre les tests de routine dans des laboratoires hyper-automatisés" et "de l'autre côté, un nouveau diagnostic, innovant, qui est en train de décoller", souligne M. Maurel.

C'est dans ce contexte que se développe l'approche "théranostique", qui développe des tests prédictifs pour suivre un traitement ou une maladie, ainsi que les "tests compagnons" qui sont liés à un produit spécifique.

"Si on peut démontrer, grâce au diagnostic, que le médicament agit (...) cela peut résoudre une partie de l'équation économique" du remboursement de traitements coûteux, notamment en oncologie, relève Anne-Christine Marie, associée au cabinet PricewaterhouseCoopers, en charge du secteur pharmacie.

"Le diagnostic va être une réponse et va jouer un rôle dans le ciblage" des patients, ajoute-t-elle.

"Cela devient quelque chose de fondamental dans la pharmacie moderne puisqu'une majorité, quasiment les deux tiers, des nouveaux médicaments sont des médicaments de biotechnologie" qui appellent un suivi individualisé du patient, estime aussi Michel Finance, directeur général de la société Theradiag, spécialisée dans le dépistage de maladies auto-immunes.

"L'évolution dans le +théranostic+ est vraiment une chance très importante pour les sociétés biotech", selon M. Finance.

"On peut se battre face aux gros acteurs qui souvent, ne vont pas dans ces marchés de niche parce qu'il n'y a pas d'effet volume", ajoute-t-il.

Le marché des kits de diagnostic de l'auto-immunité s'élève à 400 millions de dollars quand le marché mondial du diagnostic in vitro pèse 42 milliards de dollars, indique à titre d'exemple le directeur de Theradiag.

Sa société emploie 50 personnes et réalise un chiffre d'affaires de 10 millions d'euros.

Les tests in vitro traditionnels sont soumis à la concurrence et à des prix sous pression des organismes payeurs tandis que les tests innovants bénéficient de tarifs plus élevés.

De fait, ces nouveaux modes de diagnostic intéressent des grands acteurs du secteur pharmaceutique comme Roche, note M. Finance.

La consolidation du secteur, encore "assez fragmenté" en France, est une tendance notable, ajoute Loïc Maurel.

"Des grandes sociétés rachètent des sociétés spécialisées dans le diagnostic" ou proposent "des partenariats", confirme Anne-Christine Marie.

"Il va falloir que les diagnostics s'intègrent dans un environnement plus large", souligne-t-elle.

Pour les petites sociétés françaises du diagnostic innovant, l'ouverture est en tout cas nécessaire vers le marché américain qui "a pris le train de la biologie moléculaire (...) beaucoup plus tôt", relève M. Maurel.

"Le développement international est indispensable, et les Etats-Unis sont un passage très important pour accélérer la mise sur le marché et le retour sur investissement", renchérit le directeur de Theradiag.
 

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