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Sanofi: élus et scientifiques toulousains montent au créneau pour l'Oncopole


Elus et scientifiques toulousains sont mobilisés à côté des 600 salariés d'un site de recherche de Sanofi craignant pour leur emploi, afin de défendre le futur Oncopole de Toulouse contre le risque de désengagement du laboratoire pharmaceutique, un de ses piliers.

Ils craignent qu'un retrait de Sanofi de Toulouse déstabilise le vaste campus de recherche anti-cancer public-privé de l'Oncopole de Toulouse, qui associe CNRS et Inserm notamment à Sanofi et aux Laboratoires Pierre Fabre, et qui sera complété dans 18 mois par une clinique universitaire contre le cancer.

Construit sur les ruines de l'usine AZF, cet ensemble a nécessité plus d'un milliard d'euros d'investissements pour peser à terme 4.000 emplois, dont 1.500 chercheurs.

Les élus et scientifiques toulousains s'insurgent contre le peu de considération de la direction de Sanofi pour l'environnement toulousain de la recherche.

Comme les syndicats, ces partenaires s'appuient sur une lettre au personnel publiée le 5 juillet par le directeur général de Sanofi, Chris Vierbacher, expliquant les "réflexions stratégiques" du groupe pharmaceutique face à une "productivité insuffisante de la recherche".

Dans cette lettre, dont l'AFP a eu connaissance, M. Vierbacher indiquait que les sites de recherche et développement (R&D) de Sanofi en France évolueraient "pour regrouper les activités et les expertises au coeur des écosystèmes les plus fertiles".


Roche et GSK intéressés

Toulouse n'y figure pas et une épitaphe a mis le feu aux poudres: "La vocation du site de recherche de Toulouse reste à préciser. Toutes les options seront étudiées."

Le maire PS de Toulouse, Pierre Cohen, protestait jeudi lors d'une manifestation des salariés en déclarant: "Les propos de Sanofi ont pour but de culpabiliser les salariés et de montrer qu'il n'y aurait pas un terreau fertile en agglomération toulousaine dans la recherche, alors que Toulouse multiplie les signes de reconnaissance dans ce domaine."

"L'écosystème toulousain est particulièrement fertile pour le développement d'activités de recherche pharmaceutique, le nier serait faire injure à la vérité", a déclaré de son côté Benjamin Gandouet, directeur de l'association Oncopole, qui administre le campus.

Il rappelle que Toulouse a obtenu récemment 10 millions d'euros dans le cadre de l'appel à projets national sur le cancer, Captor, et qu'elle a été couronnée à égalité avec l'alliance parisienne des centres de Villejuif, Saint-Louis et Curie.

"Les laboratoires Roche (Suisse) et GSK (Royaume-Uni) veulent maintenant investir dans l'Oncopole et ne comprennent pas Sanofi", a affirmé M. Gandouet.

De son côté, la Fondation Innabiosanté, née pour appuyer financièrement le développement de l'Oncopole de Toulouse, présidée par l'ancien ministre -notamment de la Santé- Philippe Douste-Blazy, a demandé à rencontrer la direction de la recherche de Sanofi pour la convaincre de maintenir son engagement.

Alors que les syndicats dénoncent un risque de "saucissonnage" et d'"externalisations", la Fondation se garde bien de se prononcer sur le bien-fondé de la réorganisation d'ensemble et s'en tient à la seule recherche sur le cancer: "Sanofi est un rouage essentiel de l'Oncopole (...). Toute moindre implication de sa R&D dans ce projet serait un lourd handicap pour ce dernier", assure-t-elle, dans une lettre rendue publique.
 

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